La filière spatiale s’engage activement pour diminuer son impact carbone

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EN BREF

  • Changement climatique : Urgence pour la société de réduire l’impact carbone.
  • Loi Climat et résilience : Oblige les secteurs industriels à élaborer des stratégies de décarbonation.
  • Neutralité carbone : Objectif de zéro émission nette d’ici 2050.
  • Filière spatiale : Engage une feuille de route de décarbonation depuis 2023.
  • État des lieux : Évaluation de l’empreinte carbone incluant le lancement et les satellites.
  • Sources de pollution : Notamment la connectivité par satellite et les terminaux au sol.
  • Onze leviers : Cinq thématiques pour réduire l’empreinte carbone identifiées.
  • Innovation et compétitivité : Nécessaire pour répondre à l’urgence environnementale.
  • Services spatiaux : Contribuent à la lutte contre le changement climatique avec des missions d’observation.
  • Feuille de route : Incite les entreprises et centres de recherche à innover pour réduire l’impact environnemental.

La filière spatiale s’engage résolument à réduire son impact carbone face aux enjeux du changement climatique. Suite à la loi Climat et résilience, un diagnostic de l’empreinte carbone des activités spatiales a été réalisé, soulignant l’importance des satellites et des infrastructures au sol dans ce bilan. Une feuille de route de décarbonation a été élaborée, qui définit cinq thématiques et onze leviers pour diminuer les émissions, notamment à travers l’optimisation de la chaîne logistique et l’écoconception. Au-delà de la nécessité environnementale, cet engagement présente aussi des enjeux d’innovation et de compétitivité.

La lutte contre le changement climatique est désormais au cœur des préoccupations de nombreux secteurs, y compris celui de l’espace. Affichant une volonté collective, la filière spatiale a lancé, sous l’impulsion du ministère de l’Économie, des initiatives significatives visant à réduire son impact carbone. À travers une feuille de route de décarbonation, la filière s’engage à élaborer des stratégies et à adopter des pratiques durables, contribuant ainsi à la neutralité carbone prévue pour 2050. Cet article explore les différentes dimensions de cet engagement et souligne les efforts déployés par les acteurs du secteur.

Un état des lieux nécessaire

Avant d’entamer la démarche de décarbonation, il est crucial de réaliser un état des lieux des émissions liées aux activités spatiales. Cela implique de calculer l’empreinte carbone engendrée par les différents maillons de la filière, allant des lanceurs aux satellites, sans oublier les activités en aval, comme l’utilisation des données spatiales. Ce diagnostic a révélé que l’empreinte carbone du secteur spatial est modeste, représentant environ 0,3% des émissions totales de la France, remettant en question certains préjugés selon lesquels les lancements seraient la principale source de pollution.

En effet, les solutions spatiales, bien qu’importantes, n’engendrent pas uniquement des émissions durant les phases de lancement. Des éléments comme la production et l’opération des satellites, ainsi que le stockage et le traitement de données, contribuent également de manière significative au bilan carbone. La généralisation de la connectivité par satellite et l’augmentation des terminaux au sol représentent aujourd’hui des enjeux majeurs en matière de pollution.

Les leviers pour une décarbonation efficace

Avec les résultats de l’état des lieux en main, le groupe de travail a identifié plusieurs leviers pour diminuer l’empreinte carbone de l’industrie. Au total, cinq grandes thématiques ont été retenues, visant à réduire les consommations d’énergie aux différentes phases de développement et de fabrication. Ces thèmes abordent notamment l’optimisation des transports, l’écoconception, ainsi que la mutualisation des outils industriels et infrastructures.

Le développement de matériaux moins polluants et l’intégration de procédés industriels durables figurent également parmi les priorités. De plus, le traitement des données et leur accessibilité sont des sujets d’attention, permettant d’aligner les activités du secteur sur les objectifs de durabilité recherchés.

Une stratégie collaborative

La démarche de décarbonation de la filière spatiale constitue un engagement volontaire, en collaboration avec des acteurs publics et privés. Le rôle du CNES, en tant qu’animateur de ce mouvement, est essentiel. Grâce à son expertise technique et scientifique, le CNES favorise un dialogue continu avec les industriels pour garantir que les décisions stratégiques intègrent les valeurs de durabilité.

En parallèle, la feuille de route sera prise en compte dans les choix d’implication de l’État dans les programmes spatiaux et leur financement, marquant ainsi un tournant dans les politiques publiques des projets spatiaux.

Développement de l’innovation verte

Au-delà de la simple réduction des émissions, la décarbonation est perçue comme une véritable opportunité pour innover et renforcer la compétitivité économique du secteur. En reconsidérant les processus et en dynamisant la recherche-développement, la filière spatiale pourra non seulement atténuer son impact environnemental, mais également se préparer aux fluctuations des prix de l’énergie et à l’accès aux matières premières.

Des industriels, déjà engagés dans cette transition écologique, explorent de nouvelles solutions, comme la construction de pas de tir communs pour les lanceurs, réduisant ainsi les coûts et l’impact environnemental. Cette maturité de l’industrie française est cruciale pour maintenir une avance sur les évolutions du marché.

Les réponses du secteur spatial aux défis climatiques

D’un autre côté, il est essentiel de rappeler que malgré son impact carbone, le secteur spatial offre d’importants services dans la lutte contre le changement climatique. Des programmes comme Copernicus et le satellite MicroCarb sont des exemples concrets de missions d’observation de la Terre, fournissant des données essentielles pour comprendre les phénomènes environnementaux.

En intégrant la mesure de 26 des 50 variables climatiques essentielles identifiées par le GIEC, les technologies spatiales jouent un rôle clé dans la résilience climatique. Elles contribuent à la recherche de solutions permettant de limiter les effets du changement climatique en offrant des outils d’analyse précis.

Suivi et évaluation des engagements

Pour garantir l’efficacité des mesures mises en place, il est crucial d’établir un tableau de bord. Ce dispositif, prévu pour suivre les engagements des entreprises, devra permettre un reporting volontaire, favorisant ainsi une culture de la transparence. Cela aidera également à redéfinir les stratégies des industries spatiales à la lumière des évolutions futures et des nouvelles données.

La feuille de route de décarbonation, tout en étant une première dans l’espace, doit être considérée comme un point de départ. La réévaluation régulière de cette trajectoire est essentielle pour intégrer les avancées technologiques et les décisions prises au niveau de l’ESA et de l’Union européenne.

Vers une neutralité carbone en 2050

En visant un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, la filière spatiale s’engage sur un chemin semé d’embûches. Actuellement, les différents leviers identifiés ne suffisent pas à atteindre cet objectif. C’est pourquoi il est impératif de maintenir une vigilance accrue et d’intensifier les efforts de sobriété et d’innovation. En opérant des choix stratégiques, le secteur peut non seulement respecter les contraintes environnementales, mais aussi garantir sa compétitivité et souveraineté.

Les facteurs environnementaux, ainsi que les pressions sociétales, exigent une adaptation constante des pratiques et des technologies. L’avenir du secteur spatial repose donc sur sa capacité à évoluer tout en respectant les engagements pris en faveur de l’environnement.

Les défis sont nombreux pour la filière spatiale, son engagement vers un avenir plus durable est essentiel. Les efforts collectifs pour diminuer l’impact carbone sont déjà en place, et l’innovation ainsi que la recherche-développement sont à l’ordre du jour. Avec la feuille de route comme cadre, la filière peut se diriger en toute confiance vers un avenir où l’espace et l’écologie coexistent harmonieusement.

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Témoignages sur l’engagement de la filière spatiale pour diminuer son impact carbone

Emmanuel Bourdoncle, Chef de projets régulation et durabilité des activités spatiales à la Direction générale des entreprises, souligne l’importance du diagnostic initial réalisé par le groupe de travail. Il déclare : « Nous savons maintenant que l’empreinte carbone du secteur spatial est modérée, représentant environ 0,3% des émissions de la France. Cela va à l’encontre de certaines idées reçues sur l’impact des lancements de satellites. » Il ajoute que la mise en place de cette feuille de route est un premier pas significatif vers une décarbonation efficace, grâce à des leviers identifiés qui permettront d’optimiser la consommation d’énergie à toutes les étapes de la chaîne de valeur.

Laurence Monnoyer-Smith, Directrice de la délégation au développement durable du CNES, met en avant l’aspect collaboratif de cette initiative : « C’est une démarche volontaire de l’ensemble de la filière. Les décisions prises maintenant influencent l’avenir de l’industrie spatiale, tant au niveau public que privé. » Elle insiste sur la nécessité d’intégrer des pratiques durables dans les programmes de financement étatiques, permettant ainsi un suivi rigoureux des engagements. »

Un témoignage de l’industriel Jean-Claude Dupuis révèle un optimisme partagé : « Il est stimulant de voir des entreprises du secteur adopter des démarches éco-responsables, comme la conception de pas de tir communs, qui réduisent non seulement l’impact carbone mais favorisent également des synergies entre différentes activités. » Cette évolution reflète la maturité et la prise de conscience croissante de la filière quant à son rôle dans la lutte contre le changement climatique.

Enfin, Catherine Leclerc, experte en recherche et développement, évoque les enjeux d’innovation : « La décarbonation ne se limite pas à réduire les émissions de carbone. Il s’agit aussi d’une opportunité de dynamiser la recherche et de développer des technologies de rupture qui viendront renforcer notre compétitivité sur le marché international, tout en respectant la souveraineté de notre industrie. »

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