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EN BREF
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Alexis Burette, nouvellement installé sur la ferme familiale dans le Pas-de-Calais, innove en favorisant l’herbe sur ses pâturages pour ses vaches laitières, en opposition à la traditionnelle culture de maïs. Cette initiative, motivée par la quête d’autonomie alimentaire et de durabilité, a débuté après les hausses de prix des matières premières. En introduisant des prairies temporaires, il a réussi à réduire la présence des adventices et à améliorer la santé de ses sols, tout en augmentant la production laitière. Ces efforts visent également à diminuer l’usage d’engrais azotés et à promouvoir une agriculture plus respectueuse de l’environnement.
Dans le Pas-de-Calais, Alexis Burpla se démarque par son approche novatrice en matière d’élevage laitier. En mettant l’accent sur l’herbe plutôt que sur le maïs, il cherche à optimiser la nutrition de ses vaches laitières tout en répondant aux défis posés par le changement climatique. Sa démarche s’inscrit dans le cadre d’une transition agroécologique qui vise à réduire l’utilisation d’engrais chimiques tout en améliorant la santé de ses sols. Cet article explore les différentes stratégies mises en place par Alexis pour promouvoir l’herbe et réduire la dépendance au maïs.
Un changement de paradigme dans l’élevage laitier
Alexis Burpla, petit-fils d’agriculteurs, a toujours été passionné par la nature et l’agriculture. Après avoir pris les rênes de la ferme familiale, il a rapidement constaté que la production intensive de maïs ne répondait plus aux besoins d’un élevage durable. En effet, l’élevage laitier traditionnel reposait largement sur le maïs pour nourrir les vaches, ce qui entraînait une utilisation accrue d’engrais azotés. Conscient des impacts environnementaux de ces pratiques, Alexis a décidé de réorienter sa stratégie vers une régénération des sols et une optimisation des cultures.
Les motivations d’Alexis pour l’inclusion de l’herbe
La décision d’Alexis de favoriser l’herbe s’est imposée face à plusieurs défis. Tout d’abord, l’augmentation des prix des matières premières durant le conflit en Ukraine a renforcé sa volonté de diversifier les cultures. En intégrant des prairies temporaires dans la rotation, il cherche à réduire les coûts liés à l’achat d’aliments pour animaux tout en améliorant la qualité de leur alimentation. Cette approche permet non seulement de diminuer les intrants, mais aussi de renforcer la résilience de la ferme face aux aléas climatiques.
Les bénéfices de l’herbe pour les sols et les vaches
L’introduction de l’herbe dans les pâturages a d’importants effets bénéfiques aussi bien sur les sols que sur les vaches. En favorisant des systèmes agro-écologiques, Alexis contribue à la préservation de la biodiversité. La présence de prairies renforce la structure du sol, améliore le stockage de l’eau et réduit l’érosion. Au niveau nutritionnel, les vaches nourries avec de l’herbe peuvent produire un lait de meilleure qualité, car les prairies sont riches en nutriments et en matière sèche, favorables à leur santé.
Une approche durable pour l’élevage laitier
Dans une perspective de développement durable, Alexis met en œuvre des solutions novatrices telles que le semis direct sous couvert. Cette technique consiste à semer des cultures tout en protégeant les sols avec des couverts végétaux. En 2026, il a ainsi expérimenté 6 hectares de blé semés directement sous un couvert de trèfle vivant. Ce choix a permis de réduire sa consommation de fioul par hectare, rendant ainsi la ferme plus verte et moins énergivore.
Soutien technique et collaboration avec des experts
Pour accompagner sa transition, Alexis travaille avec un agronome indépendant, Alfred Gässler. Cette collaboration lui permet de définir précisément les itinéraires techniques adaptés à son exploitation et d’optimiser la gestion de ses stocks fourragers. À travers des échanges réguliers avec d’autres agriculteurs passionnés, il se tient informé des meilleures pratiques et des dernières innovations dans le domaine de l’élevage durable. Ces échanges, facilités par des plateformes numériques, sont essentiels pour adapter les techniques aux réalités du terrain.
Une démarche de réduction des gaz à effet de serre
Conscient des enjeux environnementaux liés à l’élevage, Alexis s’inscrit également dans une démarche de réduction des gaz à effet de serre. Son père, Jean-Marc, est déjà reconnu pour ses pratiques bas carbone. Avec l’aide de son père, il a réussi à réduire de 20% les émissions de gaz présentes sur la ferme en adoptant des techniques de valorisation du fumier et en réduisant l’âge au vêlage. Ces efforts combinés visent à créer une exploitation plus respectueuse de l’environnement tout en maintenant la rentabilité économique.
Investissement dans l’avenir avec des financements écologiques
Pour soutenir ses modifications et sa transition vers une agriculture durable, Alexis a pu bénéficier de la nouvelle offre bancaire « Transition+ » proposée par le Crédit Agricole Nord de France. Ce financement est particulièrement intéressant pour les agriculteurs engagés dans des projets agroécologiques, permettant d’acquérir des fonds pour des investissements mesurables sans avoir à acheter du matériel neuf. Alexis constate que cet investissement a été un axe clé pour réaliser ses ambitions et poursuivre ses efforts pour une agriculture plus durable.
Impact positif sur la rentabilité
Malgré la transition vers un modèle agricole plus durable, Alexis a observé une augmentation de la mouture de lait produite par vache, avec un rapport de 1000 litres supplémentaires en un an. Cela met en évidence non seulement les bénéfices de l’herbe, mais également l’efficience de son système de gestion. En se concentrant sur la biosphère et en adoptant des pratiques respectueuses de l’environnement, il parvient à augmenter sa marge brute tout en maintenant une productivité stable.
Une vision à long terme pour la ferme familiale
Alors qu’Alexis dirige désormais l’exploitation familiale, il est également porteur d’une vision à long terme qui vise à transmettre un modèle viable aux générations futures. Son engagement envers l’environnement et la santé de ses vaches fait écho à une réalité de plus en plus courante dans l’agriculture moderne. Les divers essais sur la ferme, menés en collaboration avec sa sœur Célestine, témoignent de l’importance de la collecte de données et de l’analyse dans le processus de prise de décisions.
Le rôle de la recherche et de l’expérimentation
Les essais de mélanges prairiaux réalisés sur la ferme font partie intégrante de cette démarche. Alexis et sa sœur suivent de près ces expérimentations pour observer les performances des différents mélanges de plantes dans des conditions réelles. Ils notent chaque dépense et chaque économie, afin d’ajuster continuellement leurs pratiques. Cette méthodologie axée sur les résultats est cruciale pour optimiser la gestion des ressources tout en minimisant les risques.
Conclusion : L’avenir de l’agriculture dans le Pas-de-Calais
Face à un monde en mutation et aux défis globaux tels que le changement climatique, le témoignage d’Alexis Burpla est inspirant. En choisissant de favoriser l’herbe au détriment du maïs, il ouvre la voie à des pratiques plus durables et résilientes dans le secteur de l’élevage. Ce modèle non seulement valorise les ressources naturelles, mais établit également une nouvelle tendance pour les exploitations laitières dans le Pas-de-Calais et au-delà.

Un engagement vers une agriculture durable dans le Pas-de-Calais
Sur la ferme familiale située à Fleurbaix, Alexis Burette prend des décisions audacieuses pour favoriser l’herbe dans l’alimentation de ses vaches laitières, délaissant progressivement le maïs. Son objectif est d’améliorer non seulement la santé de ses animaux, mais aussi la structure des sols.
En introduisant des prairies temporaires dans la rotation des cultures, il répond à l’augmentation des prix des matières premières observée récemment. Alexis se souvient : « Le déclic a été au moment de la guerre en Ukraine, lorsque nos coûts de production ont explosé. Nous avions également constaté des résistances croissantes sur certaines adventices, ce qui nous a poussés à changer notre approche. »
Les résultats ne se font pas attendre. Grâce à une gestion intelligente, la ferme démarre un processus de diminution des engrais azotés. « Enherber pour désherber, c’est une méthode déjà utilisée par nos aînés », sourit Alexis. Au bout de trois ans, les effets sont visibles : les vulpins ont disparu et le maïs cultivé ensuite a été « notre plus beau maïs », se réjouit-il.
Pour sécuriser les stocks fourragers, Alexis collabore avec l’agronome indépendant Alfred Gässler. Ensemble, ils jonglent avec les espèces, dans le but d’aboutir à un mélange prairial qui non seulement résiste toute l’année, mais qui rivalise avec le maïs en termes de volume. « Le trèfle violet, par exemple, est un produit exceptionnel, nous avons obtenu une belle quantité de matière sèche », partage-t-il.
Jean-Marc, son père, a lui aussi été un avant-gardiste en matière de pratiques durables. Il a été pionnier des fermes laitières bas carbone et, avec Alexis, ils continuent d’évoluer. « En 2015, j’ai réalisé ma première évaluation Cap2ER et ai modifié mes pratiques pour réduire les gaz à effet de serre », explique-t-il fièrement.
Alexis a hérité de cette passion pour l’expérimentation. Récemment, il a testé le semis direct sous couvert, innovant davantage en utilisant 6 hectares de blé semés sous un couvert vivant. Cela a permis de diminuer considérablement la consommation de fioul. « Cela nous permet de calculer nos besoins et d’optimiser nos ressources », ajoute-t-il.
Au final, ces efforts ont porté leurs fruits, permettant à la famille Burette de dépasser leur objectif de production laitière, gagnant jusqu’à 1000 litres de lait par vache en une seule année. Dans cette symbiose de traditions et d’innovations, la ferme continue d’avancer vers un avenir plus durable.
